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Giacomo Casanova : trois épisodes de sa vie de charlatan

Note: English version follows the French.

Nous analyserons ici trois épisodes majeurs de Histoire de ma vie, au cours desquels Casanova est en prise avec des pratiques de charlatanisme ou de magie, soit comme " patient " soit comme acteur :
  1. Sa guérison, enfant, par la sorcière de Murano chez qui le conduit sa grand-mère bien aimée.
  2. Sa recherche dans le petit village italien de Cesena d'un trésor enfoui qu'il se targue de découvrir grâce à un couteau sacré.
  3. Ses inventives et libertines mises en scène tout spécialement élaborées pour " régénérer " (éblouir, faire jouir) et voler la marquise d'Urfé, dite Séramis, vieille aristocrate passionnée de sciences occultes.
L'attitude de Casanova vis-à-vis de tout ce qui relève du jeu, du leurre, de la chance et de tous les moyens de l'influencer est très complexe et ambigüe. C'est un trait de sa mentalité de vénitien ; c'est aussi lié à un phénomène d'époque, réduite à tort à l'étiquette de " siècle des Lumières ". Plus précisément, la lecture minutieuse de ces trois moments devrait nous permettre de mieux saisir comment Casanova se situait dans le couple de la dupe et de son trompeur, quel était son savoir du monde et de ses ressorts profonds, et quel type d'intelligence - d'inspiration plus baroque que cartésienne - il y déployait.


I will analyse three major episodes of Casanova's Histoire de ma vie during which Casanova comes to grips with practices of charlatanism or magic, either as a "patient" or actively:
  1. His cure, as a child by the sorceress of Murano to whom he is taken by his beloved grandmother.
  2. His quest in the little Italian village of Cesena for a buried treasure which he prides himself on being able to discover with the help of a sacred knife.
  3. His inventive, libertine scenarios elaborated for the particular purpose of "regenerating" (dazzling and pleasuring) the marquise d'Urfé, known as Séramis, an old aristocrat with a passion for occult knowledge.
Casanova's attitude towards all that has to do with gambling, deception, chance, and all the ways to influence it is thoroughly complex and ambiguous. It is one of the features of his Venetian mentality; and it is also a phenomenon of the time, which is wrongly called the "century of the Enlightenment". More narrowly, close scrutiny of these three occasions should allow us to grasp how Casanova saw his place in the couple of the dupe and the trickster. We can see how he understood the world and its underlying forces, and what type of intelligence - more baroque than Cartesian in inspiration - was at work in him.

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